Laura Henno, scènes de la vie clandestine


par Mediapart

Traversées périlleuses de forêts en friche, abandon précipité d’un refuge monté façon système D, jeux de regards froids fixant des passés et des horizons invisibles… À travers des mises en scène photographiées à la chambre, Laura Henno met en lumière l’envers des décors de l’immigration clandestine.

Laura Henno photographie le passage, la traversée des entre-deux géographiques et culturels. Marquée par les immigrés qu’elle voyait marcher le long des routes de Dunkerque, la jeune photographe, primée à Arles en 2007, s’est «focalisée sur le corps comme signifiant du politique». Par ses reconstitutions des marches clandestines, Laura Henno convoque passé et présent: l’histoire coloniale de l’île de la Réunion avec les Nègres marrons (symboles de résistance à l’oppression) et les politiques migratoires actuelles (Mayotte, Calais, Rome…). Fuite, abandon, épuisement et espoir: les têtes sont baissées, les corps rampent sur le sol, s’entraident, se frôlent, s’entrechoquent ou se cachent dans des recoins de forêt. Et si les marches se font en groupe, la solitude et le silence règnent.

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