Cleon Peterson, contrat asocial


par Mediapart

Depuis belle lurette le Contrat social s’est fait buter par les enfants-soldats de Hobbes dans une ruelle sombre. Et pour les sceptiques à la morale aiguisée comme une arme blanche, ils découvriront la réalité du Chaos-monde devant les oeuvres au graphisme tranchant de Cleon Peterson. Dans cet eldorado pictural sanglant, la Justice (représentée par une statue) s'est fait décapiter au milieu d'une forêt, des hommes se font pendre et d'autres distribuent des coups de couteaux, égorgent, cassent, cambriolent, dépouillent et violent sauvagement les femmes égarées. Quant aux flics, s'ils font acte de présence, c'est pour mieux participer à ce ballet épique d'ultraviolence gratuite et de gang-bangs non consentants.

«Dans mon travail j'essaie de briser les frontières, de lutter contre ce dualisme qui voit le monde séparé entre le Bien et le Mal, la folie et la raison, la loi et les criminels. J'essaie simplement d'observer où va le monde.» Les titres de ses œuvres nous donnent un indice: «We become what we are» pour une toile mettant en scène une série d'agressions sexuelles et physiques, à coups de barres en fer.

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